jeudi 21 mai 2015

Rangiroa du 17 au 21 mai

Changement total de décor pour les 4 jours qui ont suivi avec des milliers de teintes de bleu, et une végétation plutôt désertique. Ici, mis à part des cocotiers, rien ne pousse, pas de manguiers, de rares bananiers. Le sol corallien n'est pas propice à la verdure.


17 mai : atterrissage à Rangiroa

Nous devions être hébergés chez une ancienne collègue Top Dive, mais elle a quitté la Polynésie début mai pour la Nouvelle Zélande.
Nous avons donc opté pour une petite pension sans prétention mais à proximité de la passe de Tiputa où les dauphins aiment jouer à sauter lorsque le courant est sortant, en fin de journée.


19 mai : the 6 passengers

Evidemment, le principal motif de notre venue à Rangiroa est la plongée ! Top Dive y détient bien un club mais nous avons préféré les services de Six Passengers.



Le cadre du club est somptueux avec une petite plage attenante. Nous avons donc pu en profiter toute la matinée pendant que Guillaume était en plongée. Karine et Lionel nous avaient donné les coordonnées d'amis sur place, avec qui nous avons échangé des tours de garde d'enfants pour que chaque couple puisse plonger ensemble.


20 mai : le lagon bleu

Quand on ne plonge pas à Rangiroa, il existe une excursion incontournable : la lagon bleu.
On part pour la journée, on traverse le lagon en bateau et on arrive sur les petits motu.



 Le lagon, à cet endroit, est très peu profond, on peut marcher sur des dizaines de mètres avec de l'eau sous les genoux. L'eau est transparente et le sable blanc lui donne cette couleur turquoise qui nous est maintenant si familière. Les enfants peuvent donc patauger avec délice ... au milieu des requins pointe noire.
On en compte des dizaines, ils ne sont pas bien grand, un mètre maximum et leur aileron est bordé de noir ce qui leur a donné leur nom. Ce sont les mêmes que l'on voyait en grand nombre à Moorea.




Pendant que l'on profite de ce paysage paradisiaque, que l'on fait le plein d'images tropicales avant notre retour, toute l'équipe de l'excursion nous concocte un pique-nique de luxe. On retrouve bien sûr notre cher poisson cru au lait de coco, ainsi que du pain coco cuit sur place.
Les plats sont tressés sur le moment avec des feuilles de palme, j'en profite pour apprendre car je n'ai jamais eu l'occasion de le faire jusque là.




Lorsque la journée touche à sa fin, nous remontons à bord du bateau mais nous marquons une petite pause pour donner nos restes aux carnivores des environs : pointes noires et requins citrons.
Sur le chemin du retour, le capitaine fait un petit détour par la passe d'Avatoru où je me mets à l'eau en palme-masque-tuba. Sans effort, portée par le courant, je dérive en douceur dans la passe où une fois encore la faune et la flore sous-marines sont exceptionnelles.


21 mai : la presqu'île de Tiputa

Notre de départ de Rangiroa est prévu en milieu d'après-midi. Cela nous laisse donc un peu de temps pour visiter l'atoll.
Nous décidons de nous balader sur la presqu'île de Tiputa, de l'autre côté de la passe. Une course de va'a était organisée côté lagon, il y avait quelques stands et animations. Nous avons rapidement traversé le village pour arriver côté océan

Tiputa, côté océan

Tiputa, côté lagon

L'atoll de Rangiroa vu du ciel
Notre seul regret à Rangiroa aura été la pension où les gens n'étaient pas très chaleureux. On a adoré les plongées et le lagon bleu, les quelques artisans qui travaillent avec si peu ...

samedi 16 mai 2015

Hiva Oa du 12 au 16 mai

Avec "Les Marquises" de Jacques Brel en fond sonore, je poursuis le récit de notre voyage. Car c'est précisément dans son île d'adoption que nous avons ensuite fait escale.

Nous logions cette fois-ci chez l'habitant, dans une famille mixte (un popa' et une marquisienne tatouée jusque derrière les oreilles). Il nous a parlé du bon vieux temps, des magouilles locales, de son intégration en tant que légionnaire étranger.

13 mai : visite de Atuona

Atuona est la ville principale de Hiva Oa. On peut y visiter le centre culturel dédié à Brel et Gauguin, monter au cimetière, se balader simplement jusqu'au centre artisanal ou pousser jusqu'aux camionnettes des vendeuses de légumes et de poisson. Là bas, le kilo de thon rouge est à 3,50€, les cultures sont variées grâce aux plateaux un peu abrités.

Nous avons commencé par le Centre Culturel. L'espace Jacques Brel se limite à un hangar qui abrite Jojo, l'avion que Brel utilisait pour ravitailler l'île. Très peu de détails sur la vie de Brel à Hiva Oa, l'exposition est plus dédiée à l'avion, comment l'association l'a retrouvé et rénové.
On apprend aussi que Jacques Brel a ramené 2 projecteurs pour créer un petit cinéma dans le village.

Les garçons étant peu favorables à la visite de musées, nous avons remis l'exposition sur Gauguin à plus tard. Malheureusement, nous n'avons pas trouvé le temps d'y revenir par la suite. C'est donc un excellent prétexte pour y retourner !
Nous avons donc entrepris une petite marche jusqu'au cimetière, sur les hauteurs de Hiva Oa. Le village est très escarpé, on monte tout de suite dans les montagnes. C'est ici que sont enterrés Brel et Gauguin. Leurs tombes, toutes simples, en pierres, sont décorées de cailloux portant des messages ou des dessins, de fleurs de tiare et de frangipaniers, renouvelés tous les jours ou presque par les touristes de passage.

La tombe de Jacques Brel
Tombe de Gauguin
Vue depuis le cimetière
Notre pique-nique quotidien s'est vu menacé par la pluie. Nous nous sommes abrités dans le salon de thé de notre logeuse, qui partage son local avec un tatoueur. Nous avons croisé Corail, la plus jeune fille de nos hôtes, qui venait rejoindre sa mère en sortant de la bibliothèque.

Salon de thé et de tatouage

14 mai : visite de l'île de Tahuata

Tahuata est une île au sud ouest de Hiva Oa, on y accède en bateau. C'est une île qui a beaucoup de charme, mais la visite était très touristique. Notre parcours était semé de vendeurs d'artisanat qui étaient prévenus de notre arrivée et qui pliaient sitôt que nous étions passés. La grande spécialité de l'île est la sculpture d'os de vache, de chèvre ou d'espadon.


Pour manger, nous étions installées dans une des rares baies dotées de formations coralliennes, ce qui donne ce sable blanc et cette eau turquoise.
Titouan est maintenant totalement confiant dans l'eau. Quelques semaines auparavant, il était impossible de marcher dans une zone où il n'avait pas pied en le portant. Ce jour-là, il sautait des épaules de Guillaume !


 15 mai : tour de Hiva Oa

Durant notre week-end à Hiva Oa avait lieu le marathon : 42 km dans les montagnes marquisiennes. Honnêtement, je ne suis pas sûre qu'il y avait du plat, hormis l'arrivée dans le stade.
Les coureurs sont partis à 5h du matin de l'autre bout de l'île, la course était ponctuée de stands pour remotiver les athlètes et pour l'arrivée, ils étaient accueillis par des cavaliers qui les accompagnaient pour le dernier tour de stade.
Je crois qu'il y avait une soixantaine de coureurs, venus de toute la Polynésie, beaucoup de militaires.

arrivée du marathon en musique
accueil des coureurs par des cavaliers
ligne d'arrivée
Nous avons ensuite fait le tour de l'île en voiture. Nous avons encore croisé des chèvres sauvages qui galopent dans les falaises.

Au nord de l'île, le village d'Hanaiapa forme une impasse. La route amène à la plage, nous nous sommes arrêtés marcher dans les rochers et nous avons découverts des pointes d'oursins crayons. Ici, ils en font des colliers, des bracelets ou des mobiles.

En prenant la route en sens inverse, nous avons croisé l'atelier d'un dessinateur qui fait des portraits de marquisiens sur du papier qu'il confectionne lui même selon les traditions locales : le tapa. C'est de l'écorce de mûrier à papier qui est d'abord trempée dans l'eau quelques jours, puis grattée et battue.

Nous avons repris la route vers l'est. Par malchance, à l'heure de manger, il s'est mis à pleuvoir des cordes, tous les moustiques et nonos des alentours en ont profité pour se remplir la panse ...
Du coup, nous ne nous sommes pas éternisés sur le site archéologique de Puamau où l'on peut admirer les plus grands tikis de Polynésie. Nous avons rebroussé chemin et nous avons trouvé une petite baie toute tranquille. Nous étions seuls sur la plage pour notre pique-nique quotidien, nous avons à nouveau trouvé des pointes d'oursins crayons, un vrai trésor de pirates !

16 mai : notre adieu aux Marquises



Cette fois-ci, le petit avion Air Tahiti nous éloigne définitivement des Marquises. Nous avons adoré notre séjour ici. Guillaume s'est même imaginé ouvrir un club de plongée sur place, la faune sous-marine est riche et variée.
La suite de notre voyage promet encore de très bons moments : une semaine aux Australes, à Raivavae avec la famille Mollaret puis une semaine à Fakarava où Eric nous rejoindra !

mardi 12 mai 2015

Nuku Hiva du 5 au 12 mai

A la demande générale, je reprends le chemin du blog pour vous raconter la fin de notre périple : une belle boucle d'un mois dans les différents archipels de Polynésie.

Je fais donc abstraction de mon environnement gris, des conversations techniques, de la température extérieure, des excès de consommation et je me replonge 7 mois en arrière, dans la nature marquisienne où l'on n'entend que les vagues se casser sur les falaises, face à la baie de taiohae où se balancent une cinquantaine de voiliers venus du monde entier ...

5 mai : Arrivée et traversée de Nuku Hiva

Nous arrivons donc à Nuku Hiva. L'aéroport se situe au nord de l'île qu'il faut traverser pour atteindre la baie de Taiohae, et la ville principale. Ici, le décor n'a rien de semblable avec les autres îles de Polynésie.
L'île est jeune, la barrière de corail ne s'est pas encore formée, ce qui fait que le lagon n'existe pas encore. Les falaises en pierre volcanique plongent directement dans l'océan bleu marine. En bord de mer, on ne ressent plus le calme de Moorea, mais la violence de l'océan qui charrie des galets.

En traversant l'île, on passe à proximité d'un canyon, paysage tellement étranger au reste de la Polynésie. On se laisse surprendre par un vent frais, on attraperait presque un sweat. On passe à travers une forêt de pins.

le Grand Canyon
Un peu plus loin, on surplombe un plateau. On se croirait presque au far ouest, avec des chevaux et des vaches broutant en liberté au bord des routes.
Plateau de Tovii
En redescendant vers Taiohae, la végétation change encore. Ici, aucun bananier, pas le moindre cocotier, mais beaucoup de fougères, de toutes les tailles. En arrivant dans la baie, on retrouve les manguiers, les pamplemoussiers, des citronniers, mais la saison touche à sa fin et les fruits se font rares.
Baie de Taiohae
La population aussi est plus sauvage, nous ne sommes pas accueillis avec la même chaleur. Ici la vie est plus dure, cela se ressent dans les rapports humains, même si la gentillesse est toujours au rendez-vous.

6 mai : Pique nique à la plage de Taiohae
Pour cette première journée, on prend un rythme de vacances, on prend le temps, on marche là où nous mènent nos pas. On achète de quoi se faire un petit pique nique, mais pas à la façon franchouillarde. Ici, ni chips, ni jambon, le ravitaillement ne se fait que toutes les 3 semaines par bateau. Il y a plutôt des conserves en stock, donc on "cuisine" une petite salade avec un bout de pain. On peut trouver facilement une noix de coco mûre et une pierre pour l'ouvrir ... au bout d'un an, on a appris la technique.



Les garçons sont plus craintifs face à ce nouvel environnement. Les vagues peuvent être impressionnantes, vues de leur hauteur, il y a beaucoup de rochers. Ils préfèrent jouer sur le sable dans un premier temps afin d'apprivoiser cet océan.



Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Guillaume s'est imprégné de la culture marquisienne jusqu'aux doigts de pied ou presque, avec son tatouage du mollet. Il l'a fait à Moorea, lors de notre dernière semaine, à domicile, allongé sur la table de la terrasse. Cela a demandé 9h de travail, en 3 fois. Initialement, tout aurait dû être terminé en 2 séances, mais une panne d'électricité sur l'île l'a obligé à reporter la fin du supplice de 24 h ...

7 mai : tour de l'île

Le lendemain, nous avons loué un 4x4 pour faire le tour de Nuku Hiva et ici, ce type de véhicule est indispensable. Le nord de l'île est très aride, il n'y a pas de route, mais une piste caillouteuse qui serpente à travers les collines, où l'on peut croiser quelques chèvres ou cochons sauvages.
Les plaines, au contraire, sont très riches en végétation, beaucoup d'arbres fruitiers dont le jamelonier ou faux pistachier car le noyau des fruits ressemble à une pistache. Nous avons aussi pu savourer des amandes fraîches cueillies directement sur l'arbre.
Comme nous étions accompagnés de Marquisiens, notre repas de midi était très local : uru grillé sur le feu, accompagné de corn beef. Nous avons ramassé des citrons verts. Bref, une nature riche qui appartient à tout le monde.

Hooumi - Baie du contrôleur - Vallée de Taipivai

8 mai : ballade à cheval

Qui dit Marquises, dit chevaux. Ici, on en croise partout, même sur les routes. Certaines personnes circulent encore à cheval et on trouve de quoi attacher les bêtes en bord de route.
Nous avons donc profité d'être là pour faire une grande ballade tous les 4, les garçons ont adoré et nous aussi !
Rien que le ranch était exceptionnel avec une déco vraiment typique, à base de têtes de bétail et de bois, beaucoup de fleurs enrichies au crottin.





Nous sommes montés à cheval tels de vrais cow boys, sans bombe, à travers des vallées où l'on ne croisait que des animaux, aucune maison en vue. Nous étions seuls au monde, en pleine nature, à travers la forêt, sur des sentiers, parfois dans la gadoue, de vrais aventuriers d'un autre temps.




En fin d'après-midi, nous avons marché un peu dans le village de Taiohae. Je suis tombée sous le charme de cette petite place, pourtant si simple, mais dont je rêvais tant à Moorea. A la sortie de l'école, devant l'église, quelques bancs et murets pour se retrouver, un point de rencontre ...

09 mai : ballade dans la baie

Le lendemain, nous avons marché un peu plus loin dans la baie. Nous n'avons pas fait des kilomètres non plus, car nos 2 petits aventuriers, qui sautaient partout dans la chambre, étaient "épuisés" au bout de 200m. Il a donc fallu négocier, porter, convaincre que la marche serait récompensée.

Baie de Taiohae
Encore une fois, le lieu n'était pas vraiment adapté à la baignade car certaines vagues pouvaient être fortes, mais on a trouvé un petit coin, à peu près abrité par les rochers. On s'agrippaient bien les uns aux autres pour rester en place quand une grosse vague arrivait.


On a pique-niqué, trouvé des coquillages et nous sommes remontés courageusement ...

10 mai : de l'autre côté de la baie, la plage aux porcelaines

De l'autre côté de la baie, les vagues sont plus douces et il y a d'avantage de sable. Ce fut donc la destination de notre promenade suivante.
Sur le chemin, on trouve quelques monuments traditionnels qui servent encore pour les grandes occasions.


Les garçons se sont rapidement mis à l'eau. Albin a fait des pâtés avec la coque de la noix de coco que nous avions mangé au dessert. Pas besoin de seau en plastique, tout est dans la nature !
Titouan s'est tout de suite intégré à un groupe d'enfants marquisiens.
Guillaume a soulevé tous les cailloux pour trouver les plus belles porcelaines. Ces petites bêtes nous ont accompagné toute la fin de notre voyage, car ces beaux coquillages sont bien sûr habités. Là encore, nous avons laissé faire la nature : séchées au soleil et attaquées par les fourmis rouges. Par contre, les fourmis n'ont pas fait l'intégralité du travail et il a fallu réfléchir pour limiter l'odeur dans nos sacs les semaines suivantes ...




11 mai : sortie en voile dans la baie de vaitipai

Pour cette dernière journée complète dans la magique Nuku Hiva, après l'avoir parcourue à pied, en 4x4 et à cheval, nous avons choisi la voie maritime.
C'est donc à bord d'un voilier, skippé par François, navigateur solitaire, que nous sommes sortis de la baie et que nous avons contourné les noires et abruptes falaises.
Je ne sais pas si Titouan et Albin se rappelleront longtemps de cette première expérience en mer, mais le voyage aller ne les a pas ravi pour cause de houle dans 3 directions différentes. Heureusement, nous avons rapidement croisé un banc de dauphins, ce qui leur a redonné le sourire quelques temps.

Sortie de la baie de Taiohae


Nous nous sommes abrités, dans une autre baie, après 1h de navigation. Nous avons partagé nos victuailles puis nous sommes descendus à terre.
Nous avons été chaleureusement accueillis par un troupeau de cochons domestiques en liberté, les garçons étaient moyennement rassurés. Quand on voit l'état du sol tout autour, on se méfie de ces bêtes. Tout est retourné !



Après une petite marche dans les bois tropicaux, avec des arbres plus invraisemblables les uns que les autres, dont j'ai oublié les noms, nous sommes arrivés dans un cirque avec une immense cascade. La baignade n'y est pas conseillée à cause de ce qu'on peut trouver en amont.





Ce fut pour moi une semaine magique, j'ai été totalement envoûtée par cette semaine à Nuku Hiva. J'y ai trouvé énormément de richesses humaines, de valeurs simples et pourtant si rares, un mode de vie respectueux.