A la demande générale, je reprends le chemin du blog pour vous raconter la fin de notre périple : une belle boucle d'un mois dans les différents archipels de Polynésie.
Je fais donc abstraction de mon environnement gris, des conversations techniques, de la température extérieure, des excès de consommation et je me replonge 7 mois en arrière, dans la nature marquisienne où l'on n'entend que les vagues se casser sur les falaises, face à la baie de taiohae où se balancent une cinquantaine de voiliers venus du monde entier ...
5 mai : Arrivée et traversée de Nuku Hiva
Nous arrivons donc à Nuku Hiva. L'aéroport se situe au nord de l'île qu'il faut traverser pour atteindre la baie de Taiohae, et la ville principale. Ici, le décor n'a rien de semblable avec les autres îles de Polynésie.
L'île est jeune, la barrière de corail ne s'est pas encore formée, ce qui fait que le lagon n'existe pas encore. Les falaises en pierre volcanique plongent directement dans l'océan bleu marine. En bord de mer, on ne ressent plus le calme de Moorea, mais la violence de l'océan qui charrie des galets.
En traversant l'île, on passe à proximité d'un canyon, paysage tellement étranger au reste de la Polynésie. On se laisse surprendre par un vent frais, on attraperait presque un sweat. On passe à travers une forêt de pins.
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| le Grand Canyon |
Un peu plus loin, on surplombe un plateau. On se croirait presque au far ouest, avec des chevaux et des vaches broutant en liberté au bord des routes.
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| Plateau de Tovii |
En redescendant vers Taiohae, la végétation change encore. Ici, aucun bananier, pas le moindre cocotier, mais beaucoup de fougères, de toutes les tailles. En arrivant dans la baie, on retrouve les manguiers, les pamplemoussiers, des citronniers, mais la saison touche à sa fin et les fruits se font rares.
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| Baie de Taiohae |
La population aussi est plus sauvage, nous ne sommes pas accueillis avec la même chaleur. Ici la vie est plus dure, cela se ressent dans les rapports humains, même si la gentillesse est toujours au rendez-vous.
6 mai : Pique nique à la plage de Taiohae
Pour cette première journée, on prend un rythme de vacances, on prend le temps, on marche là où nous mènent nos pas. On achète de quoi se faire un petit pique nique, mais pas à la façon franchouillarde. Ici, ni chips, ni jambon, le ravitaillement ne se fait que toutes les 3 semaines par bateau. Il y a plutôt des conserves en stock, donc on "cuisine" une petite salade avec un bout de pain. On peut trouver facilement une noix de coco mûre et une pierre pour l'ouvrir ... au bout d'un an, on a appris la technique.
Les garçons sont plus craintifs face à ce nouvel environnement. Les vagues peuvent être impressionnantes, vues de leur hauteur, il y a beaucoup de rochers. Ils préfèrent jouer sur le sable dans un premier temps afin d'apprivoiser cet océan.
Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Guillaume s'est imprégné de la culture marquisienne jusqu'aux doigts de pied ou presque, avec son tatouage du mollet. Il l'a fait à Moorea, lors de notre dernière semaine, à domicile, allongé sur la table de la terrasse. Cela a demandé 9h de travail, en 3 fois. Initialement, tout aurait dû être terminé en 2 séances, mais une panne d'électricité sur l'île l'a obligé à reporter la fin du supplice de 24 h ...
7 mai : tour de l'île
Le lendemain, nous avons loué un 4x4 pour faire le tour de Nuku Hiva et ici, ce type de véhicule est indispensable. Le nord de l'île est très aride, il n'y a pas de route, mais une piste caillouteuse qui serpente à travers les collines, où l'on peut croiser quelques chèvres ou cochons sauvages.
Les plaines, au contraire, sont très riches en végétation, beaucoup d'arbres fruitiers dont le jamelonier ou faux pistachier car le noyau des fruits ressemble à une pistache. Nous avons aussi pu savourer des amandes fraîches cueillies directement sur l'arbre.
Comme nous étions accompagnés de Marquisiens, notre repas de midi était très local : uru grillé sur le feu, accompagné de corn beef. Nous avons ramassé des citrons verts. Bref, une nature riche qui appartient à tout le monde.
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| Hooumi - Baie du contrôleur - Vallée de Taipivai |
8 mai : ballade à cheval
Qui dit Marquises, dit chevaux. Ici, on en croise partout, même sur les routes. Certaines personnes circulent encore à cheval et on trouve de quoi attacher les bêtes en bord de route.
Nous avons donc profité d'être là pour faire une grande ballade tous les 4, les garçons ont adoré et nous aussi !
Rien que le ranch était exceptionnel avec une déco vraiment typique, à base de têtes de bétail et de bois, beaucoup de fleurs enrichies au crottin.
Nous sommes montés à cheval tels de vrais cow boys, sans bombe, à travers des vallées où l'on ne croisait que des animaux, aucune maison en vue. Nous étions seuls au monde, en pleine nature, à travers la forêt, sur des sentiers, parfois dans la gadoue, de vrais aventuriers d'un autre temps.
En fin d'après-midi, nous avons marché un peu dans le village de Taiohae. Je suis tombée sous le charme de cette petite place, pourtant si simple, mais dont je rêvais tant à Moorea. A la sortie de l'école, devant l'église, quelques bancs et murets pour se retrouver, un point de rencontre ...
09 mai : ballade dans la baie
Le lendemain, nous avons marché un peu plus loin dans la baie. Nous n'avons pas fait des kilomètres non plus, car nos 2 petits aventuriers, qui sautaient partout dans la chambre, étaient "épuisés" au bout de 200m. Il a donc fallu négocier, porter, convaincre que la marche serait récompensée.
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| Baie de Taiohae |
Encore une fois, le lieu n'était pas vraiment adapté à la baignade car certaines vagues pouvaient être fortes, mais on a trouvé un petit coin, à peu près abrité par les rochers. On s'agrippaient bien les uns aux autres pour rester en place quand une grosse vague arrivait.
On a pique-niqué, trouvé des coquillages et nous sommes remontés courageusement ...
10 mai : de l'autre côté de la baie, la plage aux porcelaines
De l'autre côté de la baie, les vagues sont plus douces et il y a d'avantage de sable. Ce fut donc la destination de notre promenade suivante.
Sur le chemin, on trouve quelques monuments traditionnels qui servent encore pour les grandes occasions.
Les garçons se sont rapidement mis à l'eau. Albin a fait des pâtés avec la coque de la noix de coco que nous avions mangé au dessert. Pas besoin de seau en plastique, tout est dans la nature !
Titouan s'est tout de suite intégré à un groupe d'enfants marquisiens.
Guillaume a soulevé tous les cailloux pour trouver les plus belles porcelaines. Ces petites bêtes nous ont accompagné toute la fin de notre voyage, car ces beaux coquillages sont bien sûr habités. Là encore, nous avons laissé faire la nature : séchées au soleil et attaquées par les fourmis rouges. Par contre, les fourmis n'ont pas fait l'intégralité du travail et il a fallu réfléchir pour limiter l'odeur dans nos sacs les semaines suivantes ...
11 mai : sortie en voile dans la baie de vaitipai
Pour cette dernière journée complète dans la magique Nuku Hiva, après l'avoir parcourue à pied, en 4x4 et à cheval, nous avons choisi la voie maritime.
C'est donc à bord d'un voilier, skippé par François, navigateur solitaire, que nous sommes sortis de la baie et que nous avons contourné les noires et abruptes falaises.
Je ne sais pas si Titouan et Albin se rappelleront longtemps de cette première expérience en mer, mais le voyage aller ne les a pas ravi pour cause de houle dans 3 directions différentes. Heureusement, nous avons rapidement croisé un banc de dauphins, ce qui leur a redonné le sourire quelques temps.
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| Sortie de la baie de Taiohae |
Nous nous sommes abrités, dans une autre baie, après 1h de navigation. Nous avons partagé nos victuailles puis nous sommes descendus à terre.
Nous avons été chaleureusement accueillis par un troupeau de cochons domestiques en liberté, les garçons étaient moyennement rassurés. Quand on voit l'état du sol tout autour, on se méfie de ces bêtes. Tout est retourné !
Après une petite marche dans les bois tropicaux, avec des arbres plus invraisemblables les uns que les autres, dont j'ai oublié les noms, nous sommes arrivés dans un cirque avec une immense cascade. La baignade n'y est pas conseillée à cause de ce qu'on peut trouver en amont.
Ce fut pour moi une semaine magique, j'ai été totalement envoûtée par cette semaine à Nuku Hiva. J'y ai trouvé énormément de richesses humaines, de valeurs simples et pourtant si rares, un mode de vie respectueux.